Après s’être investie sur les questions culturelles au sein de ce Conseil créé en août 2017 par Emmanuel Macron, la journaliste et réalisatrice part rejoindre l’Institut français pour travailler sur la saison Africa 2020.

Ils étaient onze, ils ne sont désormais plus que huit. Après le départ précoce de l’avocat Yves-Justice Djimi suivi l’an passé de celui de l’entrepreneuse culturelle Nomaza Nongqunga Coupez, c’est au tour de la journaliste et réalisatrice Elisabeth Gomis de quitter ce Conseil chargé d’apporter un nouvel éclairage au président et de « renouveler le mode de gouvernance traditionnel de la politique africaine française ». Elisabeth Gomis reste tout de même dans le giron présidentiel puisqu’elle part rejoindre l’Institut français pour travailler sur la saison Africa 2020, un évènement créé par Emmanuel Macron.

« C’est un peu une suite logique », estime la journaliste, « le Conseil présidentiel pour l’Afrique a initié la saison Africa 2020. Cette saison représente beaucoup pour moi, ça ne s’est jamais fait. C’est un projet énorme ! L’Afrique racontée par les Africains dans un cadre français : je pense que j’ai une certaine expertise. Et pour moi, c’est un honneur de pouvoir travailler avec la commissaire N’Goné Fall. » Son départ s’explique avant tout par des considérations déontologiques : il n’est pas possible de travailler à la fois pour le Conseil et pour un évènement que celui-ci à contribuer à créer.

Pas remplacée pour l’heure

Mais ce départ ne traduit-il pas aussi une forme de lassitude vis-à-vis d’une structure dont l’action manque de visibilité ? « Non », assure Elisabeth Gomis. « Dans le fond, dans la philosophie je reste membre du CPA. Autant la première année, c’était la mise en route donc il y a eu des moments de doute, autant là, ma mission se dessinait bien et était très ancrée au sol », poursuit la jeune femme qui était en charge au CPA des questions culturelles.

La journaliste tire un bilan positif des actions menées par le Conseil. Outre la création de la saison Africa 2020, elle se félicite du travail entrepris sur la parité hommes/femmes, le digital, les diasporas. Elle salue également les récentes avancées sur le dossier santé : « Nous allons fournir au président un panorama complet sur ce qui se fait en terme de solutions santé en Afrique et ce sur quoi il devrait mettre le paquet lors du prochain G7 à Biarritz et lors de la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial (de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme) à Lyon en octobre. »

Par qui sera-t-elle remplacée ? La question demeure pour l’heure en suspens. « On n’est pas dans une démarche un départ = une arrivée », répond-on à l’Elysée, « mais évidemment on y travaille pour garder la dynamique du CPA intacte. » Car en voyant partir la réalisatrice, le Conseil perd une personnalité médiatique, une jeune femme au profil atypique qui n’hésitait à manifester ses désaccords. Or, la structure fait désormais la part belle aux entrepreneurs et aux personnalités issues du monde de l’entreprise. Une représentativité qui pose question. « Il y aura de nouvelles têtes », promet Jules-Armand Aniambossou qui assure que le départ de la journaliste ne fragilisera en rien la structure. Des arrivées régulièrement annoncées depuis un an sans que cela n’ait été suivi d’effets.

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